Zakat Al Fitr et Fidya

Voilà là deux notions différentes mais importantes durant le Ramadan.

En premier lieu, la Zakat Al Fitr correspond à l’aumône de fin du jeûne du Ramadan. Elle doit être versée à des personnes dans le besoin, avant la prière de L’Aïd-El-Fitr.

Le bien aimé Prophète – paix et salut sur lui – a institué Zakat Al Fitr afin de purifier le jeûneur des propos vains et indécents et comme nourriture aux pauvres (musulmans).
Cette aumône (zakât) sert ainsi à purifier le jeûne du fidèle de tout ce qu’il avait commis comme petites fautes durant ce mois, à subvenir aux besoins du pauvre ce jour de fête et répandre la joie autour de nous… Le but de cette Zakat est donc de faire en sorte que chaque musulman ait quelque chose pour se sustenter au jour de la fête de L’Aïd El Fitr.

Divers avis quant au moment exact à partir duquel elle doit être donnée existent. Selon l’école Malikite, elle doit être donnée le jour même de l’Aïd, après la prière de l’aube (fajr) mais avant celle de l’Aïd mais elle peut aussi être donnée une journée ou deux avant le jour de la fête mais pas plus. Une autre version l’impose dès le coucher du soleil du dernier jour du mois de Ramadan.

Celui qui est apte à la payer mais la versera après la prière de l’Aïd ne se sera pas acquitté de la Zakat Al Fitr. On lui comptera juste cette action comme une aumône habituelle.

Ibn ‘Abbâs rapporte que le Prophète (paix et salut sur lui) a dit : « …celui qui donne cette zakât (al-fitr) avant la prière (de la fête), elle sera une zakât agréée ; et celui qui la donne après la prière (de la fête) ce sera une aumône parmi les aumônes » rapporté entre autre par Abû Dâwud dans ses Sunan 1609.

On pourra donc dire qu’il y a 5 temps pour verser cette Zakat.

  • Le temps où il est autorisé / toléré : 2 jours avant la fin du Ramadan.
  • Le temps d’obligation : dès le coucher du soleil du dernier jour de Ramadan.
  • Le temps de préférence : Le jour de l’Aïd après la prière de Fajr mais avant celle de l’Aïd.
  • Le temps de détestation : Après la prière de l’Aïd mais avant le coucher du soleil de ce jour.
  • Le temps du péché : À partir du coucher du soleil du jour de l’Aïd.

Celui qui est redevable de cette zakât et retarde de la donner jusqu’au coucher du soleil du jour de la fête (ou plus) délibérément aura commis un péché. Mais il aura toujours le devoir de s’acquitter de cette zakât.

Il est majoritairement recommandé parmi tous les avis de la donner sous forme de nourriture en effet, le but de la Zakat n’est ni d’enrichir le pauvre ni d’appauvrir le riche. Ici comme mentionné plus haut, l’objectif est de permettre à chaque musulman d’avoir à manger pour le jour de fête, mais on se laisse le doute quant à certains avis mentionnant qu’elle peut être donné en argent directement et Allah sait mieux. Chaque année en fonction de l’évolution des prix des denrées alimentaires, un montant est fixé par localité, montant à payer par personne. À titre indicatif, en 2025 le prix de la Zakat Al Fitr par personne est fixé à 7€.

Cette Zakat est effectuée par chaque tuteur musulman pour lui et ceux qui sont à sa charge obligatoire ( ses parents pauvres, ses enfants garçons jusqu’à ce qu’ils puissent gagner leurs vies, ses enfants filles jusqu’à ce qu’elles se marient, son épouse même si elle est riche…). L’enfant né avant le coucher du soleil du dernier jour ramadan, on doit donner la Zakat El Fitr pour lui, s’il est né après non pareil pour une personne morte avant le coucher du soleil du dernier jour de Ramadan. Certains avis exemptent le père de payer la Zakat au nom de ses fils déjà majeurs et Allah sait mieux.

Le père doit payer cette zakât pour sa fille tant qu’elle n’est pas mariée. 
Le mari doit payer cette zakât pour son épouse, même si elle est riche. 
La femme riche donnera la zakât al-Fitr à la place de ses deux parents pauvres et son mari donnera la zakât pour elle (à condition que elle et ses deux parents soient musulmans).

Selon certains avis l’homme n’a pas l’obligation de payer pour son épouse mais peut le faire volontairement et Allah sait mieux.

En ce qui concerne la Fidya, il s’agit du montant équivalent dont chaque musulman dans l’incapacité de jeûner (maladies persistantes, âge avancé.. ) doit donner pour nourrir un pauvre.

Allah par Son Pardon et Sa Miséricorde pour ces croyants nous offre une manière de nous rattraper et par la même occasion nous rapprocher de Lui en faisant preuve de charité : “Quiconque d’entre vous est malade ou en voyage, devra jeûner un nombre égal d’autres jours. Mais pour ceux qui ne pourraient le supporter (avec grande difficulté), il y a une compensation : nourrir un pauvre” [1/184]

La Fidya est indiquée pour ces personnes là qui ne peuvent jeûner sans craindre pour leur état de santé. Ainsi il leur est demandé de nourrir à cet effet un pauvre par jour de jeûne manqué. Le montant de la Fidya se fixe également par année selon divers caractéristiques. D’autant s’il s’agit de pauvres musulmans, car D’après Zayd ibn Khalid Al Jouhani (qu’Allah l’agrée), le Prophète (que la prière d’Allah et Son salut soient sur lui) a dit: « Celui qui nourrit un jeûneur pour la rupture du jeûne aura la même récompense que lui sans que cela n’enlève rien à la récompense du jeûneur ».
(Rapporté par Tirmidhi dans ses Sounan n°807 qui l’a authentifié et authentifié également par Cheikh Albani dans Sahih Targhib n°1078)

Et Allah sait mieux.

Source : Doctrine-Malikite.fr