
Dans l’harmonie parfaite qu’Allah ﷻ a instaurée entre Ses créatures, l’homme a été chargé d’une responsabilité immense. Non pas comme un dominateur, mais comme un gardien, un berger, un pilier. Loin des clichés modernes ou des dérives de certains comportements culturels, la masculinité en islam est d’abord une mission de droiture, un engagement devant Allah, un acte de foi au quotidien. Le Prophète Muhammad ﷺ, lui-même modèle parfait de masculinité, a été un époux tendre, un père attentionné, un guide juste et un serviteur d’Allah humble et droit.
Dans une époque où les regards s’égarent facilement, où la pudeur se fait rare, et où la désobéissance devient banale, l’homme croyant est mis à l’épreuve dans sa foi, son regard et son cœur. L’islam ne nie pas la nature humaine, mais appelle à l’élever, à la discipliner, à lui donner une direction vers Allah.
Allah ﷻ dit :
« Dis aux croyants de baisser leurs regards et de préserver leur chasteté. C’est plus pur pour eux. Allah est, certes, pleinement Connaisseur de ce qu’ils font. »
(Sourate An-Nour, verset 30)
C’est à l’homme de détourner ses yeux, de maîtriser ses désirs, de ne pas céder à l’appel facile de la tentation. Cela ne signifie pas refouler ses sentiments, mais les orienter dans un cadre noble : celui du halal, du mariage, de la loyauté.
– Le regard : porte d’entrée vers le cœur
Le regard est la première brèche par laquelle shaytan entre dans l’âme. Baisser le regard n’est pas un acte de faiblesse, mais une preuve de force intérieure. Le vrai croyant est celui qui, même seul, détourne ses yeux par crainte d’Allah, non par peur d’être vu.
Le Prophète ﷺ a dit :
« Le regard est une flèche empoisonnée d’Iblis. Celui qui le détourne par crainte d’Allah, Il lui accorde dans son cœur une douceur de foi dont il goûtera la saveur. »
(Rapporté par Al-Hakim)
Préserver sa chasteté : une noblesse
Dans une société qui banalise l’adultère, les relations hors mariage et les désirs débridés, le musulman se distingue par sa retenue, sa pudeur, et sa discipline. Le Prophète ﷺ a dit :
« Ô jeunes gens, que celui d’entre vous qui en a les moyens se marie. Car cela aide à baisser le regard et à préserver la chasteté. Et celui qui ne le peut, qu’il jeûne : cela lui servira de protection. »
(Boukhari et Mouslim)
L’homme ne fuit pas le désir : il le canalise dans ce qu’Allah a rendu licite, et s’efforce de combattre ses passions quand elles veulent le détourner du droit chemin.
L’homme comme mentionné dans le Coran est aussi un pilier, pourvoyeur et responsable de sa famille. Il est garant de la sécurité et de la provision de ceux à sa charge. L’un des aspects les plus nobles et révolutionnaires de l’islam est la manière dont il a protégé les droits financiers de la femme. Contrairement à bien des systèmes anciens — et même modernes — où la femme devait dépendre ou renoncer à sa part, la Shari‘a lui a accordé une autonomie financière complète, tout en imposant à l’homme des devoirs de prise en charge.
Allah ﷻ dit dans le Coran :
« Les hommes ont autorité sur les femmes en raison des qualités par lesquelles Allah a élevé ceux-ci au-dessus de celles-là, et à cause des dépenses qu’ils font de leurs biens. »
(Sourate An-Nisa, verset 34)
Ce verset, souvent cité, ne parle pas de supériorité personnelle, mais de responsabilité financière et protectrice. L’homme est tenu de subvenir aux besoins de la femme, qu’elle travaille ou non, qu’elle soit fortunée ou pauvre.
« Elles ont des droits équivalents à leurs devoirs, conformément à la bienséance et les hommes ont un degré au-dessus d’elles﴿» [s. Al-Baqara (la Vache) : v. 228]
Cela inclut plusieurs aspects :
– La dot (mahr) : un droit initial, personnel et non négociable
La dot n’est pas un cadeau symbolique : c’est une obligation divine. Elle appartient intégralement à la femme, qu’elle soit modeste ou conséquente. Aucun homme ne peut la lui retirer, et elle n’est pas la contrepartie d’un “achat” ou d’une soumission : c’est un signe de respect et d’engagement, une manière pour l’homme de reconnaître publiquement la valeur du lien qu’il crée.
« Et donnez aux épouses leur mahr, de bon cœur. » (Sourate An-Nisa, verset 4)
– La prise en charge des dépenses du foyer
L’homme est obligé de pourvoir aux besoins matériels de sa femme et de ses enfants : nourriture, logement, vêtements, soins. Même si sa femme possède de l’argent ou travaille, elle n’est en rien tenue de dépenser pour le foyer. Elle peut le faire par générosité, mais ce n’est jamais une obligation religieuse.
« Et il incombe au père de les nourrir et de les vêtir convenablement﴿ [s. Al-Baqara (la Vache) : v. 233 »
– Le respect de l’intimité et des besoins de l’épouse
La vie intime en islam est un droit mutuel. L’homme ne peut ni délaisser sa femme, ni abuser de son corps. Il doit être à l’écoute de ses besoins, respecter son rythme et se comporter avec pudeur et considération. Le Prophète ﷺ recommandait de ne jamais s’approcher d’une femme sans parole douce, sans préparation émotionnelle.
« Aucun de vous ne doit avoir de rapports avec sa femme comme le font les animaux ; qu’il y ait entre eux des paroles, des caresses… »
(Rapporté par Ad-Daaraqutni)
– La justice entre les épouses (dans le cas de la polygamie)
Dans le cas où un homme épouse plusieurs femmes, il est strictement tenu d’être équitable avec chacune d’elles : en temps, en dépenses, en attention. L’injustice est formellement interdite. D’après Abou Houreira (qu’Allah l’agrée), le Prophète (que la prière d’Allah et Son salut soient sur lui) a dit: « Celui qui a deux femmes et n’a pas été équitable entre elles viendra le jour du jugement en ayant son corps penché ».
(Rapporté par Tirmidhi et authentifié par Cheikh Albani dans Sahih Targhib n°1949)
– La présence et la participation
Être un bon époux, ce n’est pas seulement ramener l’argent à la maison. C’est être présent : moralement, émotionnellement et même physiquement. Le Prophète ﷺ aidait dans les tâches du foyer, écoutait ses femmes, jouait avec elles. Il n’y voyait aucune atteinte à sa dignité, bien au contraire.
« Et comportez-vous avec elles de façon convenable﴿ [s. An-Nişâ’ (les Femmes) : v. 19] »
Et Allah sait mieux.