
Les âmes les plus tourmentées sont celles qui se sont faites du tort à elles-mêmes. Un tort engendré par le fait d’avoir posé en cette Dounia beaucoup plus d’attentes qu’elles ne le devraient. C’est pourquoi, il est important de très souvent savoir revenir à l’essentiel.
L’imam Ibn Al-Qayyim cite à ce sujet « Dans le cœur, il y a un sentiment de désordre qui ne peut être évité, qu’en se tournant vers Allah. Dans le cœur, il y a un sentiment de solitude qui ne peut être éliminé, qu’en se rapprochant d’Allah. Dans le cœur, il y a la peur et l’anxiété, qui ne nous quittent qu’en nous enfuyant vers Allah. Dans le cœur, il y a un sentiment de regret, qui ne peut être enlevé qu’en devenant satisfait d’Allah. »
L’Islam nous enseigne que la véritable paix ne réside ni dans l’abondance des biens, ni dans la reconnaissance des hommes, mais dans la sérénité du cœur tourné vers Allah. La paix de l’âme est ce repos intérieur que l’on atteint lorsque l’on s’abandonne à la volonté divine avec confiance et amour. C’est un état de tranquillité profonde, où les épreuves de la vie ne troublent plus l’équilibre du cœur, car il sait que tout vient de Dieu et que tout retournera à Lui.
Il n’est pas si difficile de trouver une corrélation entre vivre aisément ici bas et préparer son aise pour l’au delà. Encore faudrait comprendre le sens d’une vie aisée sur cette terre.
« Nous avons certes créé l’homme pour une vie de lutte. » (Coran 90:4)
Il est un silence que seul le cœur entend, quand l’âme lasse du tumulte du monde se tourne vers son Seigneur, le Clément, le Très-Haut. Dans chaque prosternation, l’âme s’élève, Dans chaque invocation, elle se purifie. Et dans l’abandon à la volonté divine, elle trouve ce que nul bien matériel ne peut offrir; une certitude tranquille : tout est décret.
Allah dit : « En vérité, c’est dans le rappel d’Allah que les cœurs trouvent la sérénité. » (Sourate Ar-Ra’d, verset 28)
Cette paix s’acquiert par la mesure de la grandeur d’Allah et du fait de se souvenir de lui en permanence. Pour cela, médite son livre, le Coran. Là, sur ses pages, que ton cœur s’allège, que ton âme se repose et que chaque mot te rapproche de cette paix éternelle, promesse d’un Jardin où les âmes en paix seront accueillies par leur Seigneur.
En Islam, la paix de l’âme naît également dans la gratitude : remercier Allah pour les petites choses, voir dans chaque souffle un cadeau, dans chaque épreuve, un enseignement. Cette paix pousse dans le terreau du bon comportement : un cœur pur, une langue préservée, un sourire offert, même dans la fatigue et cette douceur que l’on sème autour de soi.
Le Prophète Muhammad (paix et bénédiction sur lui) a dit :
« Le meilleur d’entre vous est celui qui a le meilleur comportement. » (Hadith authentique)
Celui qui pardonne, qui patiente, qui donne sans attendre, goûte à une sérénité profonde. Car il sait que tout ce qu’il fait pour Allah se reflète sur son âme comme une lumière apaisante.
Et surtout croire en son destin et l’accepter. Il est des choses que l’on ne comprend pas, des chemins qui dévient, des rêves qui s’éteignent, des saisons qui changent sans prévenir mais le croyant, lui, sait : rien n’échappe à Allah. Croire en le destin, c’est poser son cœur entre les mains du Tout-Miséricordieux, c’est dire : « Ya Rabb, si cela vient de Toi, alors c’est pour mon bien, même si je ne vois pas encore la sagesse, je choisis la confiance, plutôt que l’inquiétude. »
La paix de l’âme naît dans cette soumission apaisée. Non pas une faiblesse, mais une force lumineuse : celle de celui qui s’abandonne à ce qui le dépasse et marche malgré tout, le cœur léger.
Le Prophète (paix et bénédiction sur lui) a dit :« Sache que ce qui t’a atteint ne pouvait te manquer, et que ce qui t’a manqué ne pouvait t’atteindre. » (Hadith authentique – Tirmidhi).
Accepter son destin, ce n’est pas cesser d’agir, c’est avancer en confiance, semer avec foi, puis confier la récolte à celui qui connaît les secrets des cieux et de la terre. Et c’est là, dans cet abandon, que l’âme se repose. C’est là qu’elle trouve la paix, dans le calme profond d’un cœur qui dit :
« hasbi Allah wa ni’mal wakil » Allah me suffit et il est le meilleur des garants.
La paix de l’âme, c’est donc le fruit d’une relation sincère avec notre Créateur, d’une vie guidée par la lumière du Coran et de l’exemple prophétique.
Et Allah sait mieux.